La Banque du Liban n’a pas lésiné sur les moyens pour soutenir la monnaie nationale après l’annonce surprise de la démission de Saad Hariri à partir de Riyad début novembre. Le retour à la normale sur le marché monétaire, aidé par une relative accalmie sur le plan politique, s’est fait au prix d’une forte hausse des taux d’intérêt.

La Banque du Liban (BDL) s’est toujours préparée à l’éventualité d’une secousse politique susceptible de faire vaciller la confiance dans le système bancaire libanais. La libre circulation des capitaux et la stabilité de la livre sont des piliers fondamentaux de cette confiance. Si de gros déposants placent leur argent dans des banques qui financent un État politiquement instable, structurellement déficitaire et endetté jusqu’au cou, c’est parce qu’ils pensent qu’en cas de doute, ils pourront le convertir (sans pertes) et le transférer en dehors du pays. La BDL s’efforce, depuis deux décennies, de leur donner raison. Mais plus la situation politique se dégrade, plus les moyens déployés pour y parvenir sont coûteux.

En 2016, au plus fort de l’incertitude sur l’issue de la crise présidentielle, le gouverneur a dû montrer ses muscles pour rassurer les investisseurs. Il a renforcé l’instrument qui lui permet de soutenir la livre en cas de besoin, les réserves en devises, à travers une ingénierie financière très controversée, menée avec la complicité du secteur bancaire, grassement rémunéré au passage. Des opérations de nature dif