Le groupe Averda a disparu du paysage après 20 ans d’un règne sans partage, cédant la place à d’autres acteurs parmi lesquels la société de Jihad al-Arab, un proche de la classe politique. Un changement de façade dans un secteur toujours aussi opaque.

En apparence, le Liban vit une énorme révolution : le groupe Averda (Sukleen pour le balayage et la collecte ; Sukomi pour le retraitement) s’est retiré des affaires après plus de vingt ans d’un règne sans partage. À sa place, quatre “nouveaux” consortiums ont pris en main la gestion des déchets ménagers de Beyrouth et du Mont-Liban. Tous sont issus du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) ; la plupart sans expérience directe en matière de gestion des ordures ménagères : le groupe Mouawad-Eddé (sous la marque City Blu) et Ramco Trading & Contracting se partagent la collecte et le balayage des déchets pour Beyrouth et le Mont-Liban. AlJihad Group for Commerce and Contracting (JCC) et Dany Khoury Contracting s’approprient, eux, l’aménagement des décharges sanitaires de Costa Brava et de Bourj Hammoud. JCC a obtenu en outre la gestion des centres de tri et de compostage des ordures ménagères.

En pratique cependant, « il n’y en a qu’un seul qui compte », résume un membre de la municipalité de Beyrouth, sous couvert d’anonymat. L’édile désigne Jihad el-Arab, un proche de la famille Hariri et des partis politiques au pouvoir, en général. Sa compagnie, JCC, a remporté trois des plus importants appels d’offres menés dans le cadre de la réorganisation du secteur des déchets ménagers depuis 2016 avec, à la clé, la coquette somme de 158 millions de dollars de deniers publics sur quatre ans, soit près

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