Pas de budget pendant une décennie, puis deux en l’espace de quelques mois. C’est le miracle libanais. La volonté politique de voter une loi de finances avant la conférence CEDRE s’est traduite par un processus expéditif et l’adoption de mesures contestées, dont certaines ont été invalidées par le Conseil Constitutionnel. 

M. Assaf

Il aura fallu que la communauté internationale mette la pression pour que la classe politique libanaise se souvienne de ses obligations constitutionnelles. Ou du moins en partie. Avant de mettre la main à la poche à la conférence d’aides au Liban, dite CEDRE, les bailleurs de fonds ont clairement exigé l’adoption d’un budget 2018, qui témoignerait de la volonté de réforme des autorités libanaises, et le gouvernement s’est empressé de les satisfaire. Une commission ministérielle s’est saisie du dossier le 19 février, plus de deux semaines après la date limite imposée par la Constitution pour le vote du budget au Parlement. Puis tout a été très vite. Le projet de budget a été adopté en Conseil des ministres le 12 mars et transmis à la commission parlementaire des Finances et du Budget. 

 Cette commission, présidée par le député Ibrahim Kanaan, qui a bloqué l’adoption d’un budget pendant une décennie en invoquant l’absence de bilans arrêtés, et qui en 2017 a consacré plus de cinq mois à l’examen du budget, n’a eu cette fois besoin que

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