A l'image de Neemat Frem, de Michel Daher ou de Fouad Makhzoumi, une poignée d’hommes d’affaires viennent d'être élus au Parlement libanais.  Leur victoire confirme un peu plus la domination de l’élite économique sur le corps politique. Mais cela ne va pas sans soulever des questions. En particulier sur les risques de voir se renforcer encore d’un cran le “capitalisme de connivence” dans un pays où trop peu de garde-fous existent.

H. Assal

Ils étaient une dizaine d’entrepreneurs et de chefs d’entreprise à se mesurer à la “volonté du peuple” le 6 mai 2018 dernier. «Ce qui est frappant lors de ces élections, c’est le nombre en forte croissance d’hommes d’affaires qui se sont lancé dans la campagne», fait valoir Fadia Kiwan, professeure de sciences politiques à l’Université Saint-Joseph. Les nom viennent facilement en tête : Neemat Frem, Fouad Makhzoumi, Nicolas Chammas, Assaad Nakad, Michel Daher, Riad al-Assad, Michel Mecattaf, Ziad Hawat, ou encore Sarkis Sarkis... Tous ont réussi et cherchent désormais à satisfaire leurs ambitions politiquement. 

« Il ne faut pas confondre influence et pouvoir. Je me suis rendu compte que si je voulais mettre en œuvre ce en quoi je croyais, il me fallait entrer en politique », assurait par exemple Nicolas Chammas pendant la campagne électorale. Pour la politologue, une explication au moins justifie leur surexposition : « Les sources financières, notamment celles en provenance de l’étranger, se sont plus ou moins taries et les partis se tournent vers les hommes politiques, à qui ils réservent une place sur leur liste, en échange d’une contribution financière. » 

Mais leur implication dépasse largement le simple rôle de généreux donateurs des partis traditionnels.  La victoire des Neemat Frem, Michel Daher, de Ziad Hawat, Fouad Makhzoumi et consorts consacrent définitivement la mainmise

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