L’entreprise américaine de voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) Uber Technologies a annoncé le rachat de Careem Networks FZ, son concurrent dans la région MENA pour 3,1 milliards de dollars.

Pour obtenir la pleine propriété de Careem, Uber va débourser 1,4 milliard de dollars en numéraire ainsi qu’1,7 milliard de dollars en titres qui seront convertibles en actions Uber, à un prix égal à 55 dollars par action, si on en croit le site Bloomberg.

«La mobilité ainsi que les ressources d’internet dans la région sont immenses et inexploitées. Elles ont le potentiel de nous faire bondir en avant vers l’avenir numérique de la région. Nous n’aurions pas pu trouver meilleur partenaire qu’Uber», s’est félicité Mudassir Sheikha, président de Careem dans le communiqué de presse.

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L’accord doit encore toutefois obtenir le feu vert des différentes autorités de régulation.

Valorisé un milliard de dollars en 2016, Careem revendique plus d'un million de chauffeurs et 30 millions d’utilisateurs. Il opère dans plus de 100 villes dont Beyrouth (soit 15 pays), allant de l'Afrique du Nord jusqu'au Pakistan et la Turquie.

Le vtéciste, dont le siège social se situe à Dubaï, est notamment leader en Arabie Saoudite et en Turquie. Parmi ses actionnaires, il compte la firme d'investissements du prince et homme d'affaires libano-saoudien Al-Walid ben Talal dont la holding détient depuis 2017 une participation de 7% (200 millions de dollars) au capital de la start-up.

Pour Uber, le rachat de Careem ne doit rien au hasard : l’américain entend se renforcer alors qu’il prépare son entrée à la bourse de New York, qui devrait intervenir au mois d'avril. L’IPO pourrait être valorisée à hauteur de 120 milliards de dollars.

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Leader mondial (Uber est présent dans 70 pays), il est cependant confronté à concurrence croissante en Amérique latine et en Inde. Il faisait également face à un durcissement des règlementations en Europe.

Lancé en 2009, la marque américaine a subi 1,8 milliard de dollars de pertes en 2018, pour un chiffre d’affaires total de 11,3 milliards de dollars, conservant une croissance de 43 % par rapport à 2017.

Dans la région MENA, Uber n’était présent que dans 23 villes (dont Beyrouth). En 2016, il avait reçu une injection de 3,5 milliards de dollars du fonds souverain d'Arabie saoudite, le Public Investment Fund (PIF)

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Selon l’accord, Careem et Uber continueront à fonctionner de manière indépendante, conservant leurs applications et leurs services respectifs. D’après une note interne envoyée par le PDG d’Uber, Dara Khosrowshahi, « peu de changements interviendront parmi les équipes après la finalisation de l’accord » - le PDG de Careem reste d’ailleurs en place - en rajoutant que «c’est un grand jour pour le Moyen-Orient et son secteur technologique en plein essor».

Le marché de la région MENA compte 600 millions d’utilisateurs potentiels, ainsi qu’une population jeune, à 60% moins de trente ans, qui vivent à 65% dans des villes ainsi qu’un marché du e-commerce en croissance de 25% par an.