Le ministre de l'Energie et de l'Eau, Gebran Bassil, a annoncé mercredi être prêt à lancer le projet de gazoduc
en mesure de relier dans un délai de 28 mois l'ensemble des centrales électriques du pays de Deir Ammar à Tyr sur le littoral libanais. « Nous pouvons lancer l'appel d'offres dès que les financements seront assurés, le coût étant d'environ 350 millions de dollars », a-t-il déclaré.
 
Le principe de ce gazoduc a été approuvé en Conseil des ministres dans le cadre du plan global pour le secteur, même si le coût estimé alors était inférieur pour de multiples raisons, dont l'allongement du tracé jusqu'à Tyr, la hausse des cours de l'acier et le relèvement des spécifications techniques. « L'investissement est en tout cas amortissable en moins de six mois, au cours actuel des hydrocarbures, car l'économie annuelle est de 750 millions de dollars en cas de passage des centrales à gaz », selon Bassil.
 
Le cahier des charges a été élaboré par la société ACE chargée d'une étude de faisabilité complète à l'issue d'un appel d'offres qu'elle a remporté le 10 août dernier pour 1,05 million de dollars.
« Ce gazoduc est la colonne vertébrale du secteur l'énergie, son importance est stratégique pour le Liban, car son intérêt va, au-delà de l'électricité : il s'applique potentiellement aux transports, à l'industrie et au gaz domestique », a dit le ministre en conférence de presse.
 
Le gazoduc s'étendra sur 172 kilomètres de Deir Amar, dans le nord, à Tyr, dans le sud. Il acheminera le gaz par voie terrestre en provenance de Syrie qui est elle-même reliée au gazoduc arabe d'une part, et au gazoduc qui reliera en 2012 la Russie, l'Iran et la Turquie d'autre part. Ce gazoduc pourra aussi être potentiellement relié à l'Irak.
 
Le tracé choisi est celui de l'ancienne ligne de chemin de fer, le long du littoral, car toutes les centrales du pays, sauf celle de Baalbeck, y sont situées, de même que les grandes villes du pays et les principales zones industrielles.
 
Le travail de la société ACE a consisté à déterminer le tracé exact du gazoduc afin d'en évaluer le coût. « Il n'y a presque pas d'expropriations à réaliser, car sur les quelques parties du tronçon pour lesquelles il faudra dévier du chemin de fer, il est possible de passer par des propriétés publiques », a précisé le ministre.
 
L'ouvrage sera découpé en cinq tronçons entre Deir Amar, Selaate, Zouk, Naamé, Zahrani et Tyr. Le plus délicat concerne la partie Zouk Naamé qui passe par l'agglomération de Beyrouth.
Trois options sont possibles : faire passer le gazoduc dans la mer ; suivre le tracé de la côte ; ou continuer sous-terre, en passant par la banlieue.
« L'option maritime est la plus coûteuse, sans compter ses difficultés techniques en raison de la profondeur des eaux, c'est pourquoi nous avons envisagé les deux autres solutions », a-t-il expliqué.
 
Au total 33 sociétés étrangères et/ou libanaises ont présenté des demandes de préqualification pour le projet et 19 ont été présélectionnées. « Il s'agit de sociétés dont le chiffre d'affaires annuel va de 300 à 5,6 milliards de dollars », a souligné Gebran Bassil. Cinq d'entre elles ont également proposé de financer le projet.