Le secteur des transports a souffert du ralentissement de la croissance en 2011 ainsi que des turbulences régionales. L’activité du port de Beyrouth et celle de l’aéroport ont augmenté, mais ne se sont pas traduites par des gains financiers. Les ventes de voitures ont, quant à elles, fortement baissé.

Port de Beyrouth : croissance en volume, pas en valeur

Le port de Beyrouth a connu une activité en croissance en 2011, bien que le nombre de navires enregistrés ait diminué de 5,2 %. Mais le nombre de conteneurs traités a pour la première fois dépassé la barre du million – 1 034 249 très exactement –, en progression de 9 % en rythme annuel.
Ils sont tirés par l’activité de transbordement, qui a repris du poil de la bête après une année 2010 en baisse : elle affiche une hausse de 28,4 % en rythme annuel, avec 449 029 conteneurs en transbordement. Ce regain d’activité est en partie imputable à un accord conclu avec la compagnie MSC lui permettant de transborder à Beyrouth la marchandise envoyée vers Mersine, en Turquie.
Les conteneurs à destination du marché local ont, quant à eux, accusé une baisse, de 2,4 %, à 585 220 unités, mais le volume de marchandises entrées sur le territoire libanais a augmenté, de 3,2 % à 6,67 millions de tonnes.
Les recettes portuaires, très dépendantes des importations locales, ont baissé de 12,7 % à 145,7 millions de dollars. « Les sociétés de transbordement paient dans un délai de trois mois, explique le directeur du port Hassan Koraytem. Certaines factures ont été réglées au premier semestre 2012. »

Aéroport de Beyrouth : le transit bondit

2011 a été une année en demi-teinte pour l’aéroport de Beyrouth : le fret aérien a baissé de 4,2 % à 740 005 tonnes de marchandises transportées, signe d’essoufflement de la demande locale.
En revanche, le nombre de passagers est en hausse de 1,8 % par rapport à 2010, à 5,65 millions de personnes. Plus de deux millions de ces passagers ont été transportés par la compagnie nationale MEA, qui bat ainsi son propre record. Le nombre de passagers en transit, bien qu’encore faible, a bondi de 44,6 %, pour atteindre 58 284 voyageurs.
Cette tendance se poursuit en 2012, puisque, à fin février, le nombre de passagers était en hausse de 19,5 %.

Voitures neuves : percée des coréennes

Après une année 2010 marquée par une augmentation des ventes de voitures neuves, 2011 s’achève sur une note négative : quelque 32 455 nouvelles voitures destinées aux particuliers ont été vendues, ce qui représente une baisse de 2,86 % par rapport aux 33 412 voitures vendues un an plus tôt.
Les ventes de voitures utilitaires accusent également une baisse, de 23,5 % à 2 066 véhicules vendus.
Cette chute s’explique par la crise politique locale du premier semestre, la hausse des prix de l’essence et la baisse du pouvoir d’achat.
Ces facteurs affectent encore plus fortement la demande de voitures de seconde main importées, qui chute de 28,7 % en 2011, à 42 228 voitures.
Ce sont les ventes de voitures pour les agences de location qui plombent particulièrement le marché des voitures neuves. Celles-ci, tenues de renouveler leur stock tous les trois ans, mais l’ayant déjà fait en 2009, ont diminué leurs commandes en 2011 à cause des troubles locaux et régionaux, et de la baisse de nombre de touristes. Elles n’ont donc acheté que 2 180 nouveaux véhicules en 2011, soit 40 % de moins que l’année précédente. Les particuliers ont, quant à eux, légèrement augmenté leurs achats, de 1,8 %, à 29 260 voitures.
Fortes de leurs prix attractifs et de leur faible consommation d’essence, les voitures coréennes continuent sur leur lancée, entamée il y a quelques années : en 2011, elles enregistrent une progression annuelle de 28 %, à 13 654 voitures, accaparant ainsi 42 % de part de marché. Les voitures chinoises, introduites au Liban en 2009, grignotent lentement du terrain : leurs ventes augmentent de 7,3 %, à 251 voitures, mais elles représentent toujours moins de 1 % des ventes totales. Les voitures américaines, après avoir été malmenées par la restructuration de General Motors et Chrysler en 2008, reprennent du poil de la bête : leurs ventes progressent de 4 %, à 2 079 voitures et 6,4 % de part de marché. Les voitures japonaises et européennes, en contrepartie, pâtissent de la force de leurs monnaies : leurs ventes diminuent respectivement de 25,6 % et de 9,6 %, pour s’établir à 9 595 et 6 876 véhicules vendus. Leurs parts de marché baissent à 29,5 et 21,1 %.