Un article du Dossier

Le design libanais se forge une identité

Doux mélange entre artisanat moyen-oriental et pureté et rigidité géométrique de l’Extrême-Orient, telles sont les créations de Nada Debs. Dans sa boutique de Saifi Village, les chaises Louis XV orientalisées cohabitent avec des lampes aux couleurs douces et des tables en Formica aux pieds ouvragés. La designer vend dans le monde entier (67 % de sa production est destinée à l’export) mais crée au Liban ses pièces qu’elle compare elle-même à de la haute couture : « C’est le pays qui veut ça. Nous n’avons pas la capacité de produire des séries importantes, alors nous nous sommes lancés dans les pièces uniques ou des éditions limitées. »
Née au Japon, diplômée en architecture d’intérieur aux États-Unis et vivant à Londres, rien ne prédisposait Nada Debs à venir un jour s’installer au Liban pour y créer sa marque de design. Pourtant, en 1999, elle y lance “East and East” et ne changerait pour rien au monde de pays : « C’est ici que je trouve l’inspiration ; et il est beaucoup plus facile de réaliser des prototypes au Liban qu’ailleurs. »
À chaque nouveau projet, Nada Debs travaille à partir d’échantillons de matériaux. Puis elle réfléchit à la forme. À ses côtés, deux designers la secondent et font les recherches pour rendre l’idée viable. L’atout de Nada Debs c’est son atelier : elle produit tout à la main grâce à une vingtaine d’artisans. Un travail d’orfèvre qui fait sa force selon elle : « Je pourrais délocaliser la production, car les artisans libanais ne sont pas les moins chers, mais ici je suis sûre de la qualité et je peux contrôler tout le processus du début à la fin. »
En 2011, son entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 2 à 5 millions de dollars, en hausse de 5 % : « Une hausse légère due au conflit en Syrie, les années précédentes ont été plus proches de 30 % de croissance. » Son but est aujourd’hui de continuer à promouvoir la création libanaise à travers le monde ; le “design in Lebanon”, combinaison entre le vieux et le moderne, le traditionnel et l’excentrique, le riche et le pauvre, « tout ce qui fait notre pays » !
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