Un article du Dossier

Les multiples facettes de la joaillerie libanaise

Chez les Hakim, la joaillerie est avant tout une affaire de transmission, qui dure depuis 140 ans. « Mon grand-père a ouvert sa première boutique en 1875, à l’époque de l’Empire ottoman », raconte George Hakim. La famille s’installe à Alep, puis à Beyrouth en 1939, dans le Souk des bijoutiers. « À 10 ans déjà, je passais des heures dans la boutique à regarder mon père travailler. Il m’a inculqué très jeune la passion pour ce métier. » Une passion qui le poussera à explorer le monde, la production au Liban étant à l’époque très limitée. « En 1953, j’ai entamé une tournée en Europe qui m’a beaucoup appris. En 1955, je suis parti dans plusieurs pays d’Afrique, pour acheter des diamants bruts, puis dans les années 1970 j’ai sillonné l’Asie – Hong-Kong, la Thaïlande, la Chine, l’Inde – à la recherche de perles naturelles et de pierres précieuses comme les rubis, les émeraudes ou les saphirs, qui étaient très rares sur le marché local. » La guerre du Liban le contraint à fermer la boutique. Mais il maintient son atelier et en ouvre un autre en Italie, pour devenir grossiste. Il fournit des pierres et des pièces à d’autres joailliers notamment et dans les pays du Golfe, « où la joaillerie libanaise est particulièrement appréciée », souligne-t-il.
George Hakim se lance aussi dans l’horlogerie de luxe, en créant la marque de montres fabriquées en suisse Alain Philippe. En parallèle, il nourrit la passion de la joaillerie chez ses fils, qui suivront tous les quatre une formation à l’Institut américain de gemmologie. Élie, Karim, Nabil et Alain rejoindront la société, les uns après les autres.
En 1996, George Hakim décide de renouer le contact direct avec les clients. Tout en continuant les activités de gros, il ouvre une première boutique à Achrafié, puis deux autres au centre-ville de Beyrouth, où il déménagera aussi son atelier, qui emploie une quarantaine de personnes. Une quatrième enseigne devrait bientôt ouvrir dans le nouveau centre commercial d’Aïshti. « Avec une demande qui se maintient malgré la situation, le marché local reste intéressant pour nous, même si la majorité de notre activité dépend de l’étranger, notamment du Golfe où nous avons plusieurs distributeurs », déclare George Hakim. Le joaillier a ouvert sa première enseigne à l’étranger en 2013, à Genève, une ville très fréquentée, entre autres, par les ressortissants du Golfe.
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