Un article du Dossier

Les multiples facettes de la joaillerie libanaise

Mouawad est sans doute la maison qui a le plus largement contribué à faire connaître la joaillerie libanaise dans le monde. L’atelier fondé en 1908 à Beyrouth par Daoud Mouawad est devenu, en un peu plus d’un siècle et quatre générations, une enseigne internationale. Présente dans 12 pays, avec des ateliers basés à Singapour, en Suisse et aux Émirats arabes unis, elle emploie 350 personnes. Son aventure commence en Arabie saoudite, sous l’impulsion du fils du fondateur, Fayez. « Il a été l’un des premiers joailliers à introduire les montres de luxe dans le pays. Il a conçu des pièces uniques pour les rois et les membres de l’aristocratie saoudienne », raconte son petit-fils, Fred Mouawad, qui a repris les rênes de la maison en 2010 avec ses frères Alain et Pascal.
Leur père, Robert Mouawad, leur a légué la direction d’un groupe qu’il avait entre-temps développé dans l’ensemble du Golfe, mais aussi en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. Un positionnement qui lui permet de se distinguer par rapport aux acteurs du marché. « Nous ne nous comparons pas aux joailliers libanais. Nous sommes une marque internationale avec un héritage de 125 ans et nous sommes verticalement intégrés. À eux seuls, ces facteurs nous donnent un avantage compétitif. »
En amont, à travers sa filiale Premier Diamond Alliance, Mouawad est sur la liste des acheteurs de gros de De Beers, le plus grand producteur et fournisseur de diamants bruts au monde. La société fait partie des 160 “sightholders”, des clients triés sur le volet qui ont le droit de participer dix fois par an à des ventes spéciales. Les pierres achetées sont ensuite polies et taillées dans les usines de Mouawad, serties et montées dans ses ateliers, puis vendues dans l’une de ses 17 boutiques dans le monde, dont quatre au Liban. « Nous continuons à augmenter le nombre de points de vente », souligne Fred Mouawad, en évoquant de nouveaux projets à Genève, en Arabie saoudite et au Qatar. « Nos principaux clients sont dans le Golfe. Mais le Liban reste un marché intéressant, qui a démontré sa capacité de résilience à travers le temps », ajoute-t-il.
Pour se différencier, Mouawad peut aussi compter sur sa collection de records répertoriés dans le Livre Guinness. La maison a produit “l’incomparable”, le collier le plus cher du monde sur lequel brille un diamant jaune de 407,48 carats, mais aussi le soutien-gorge le plus précieux du monde, à 11 millions de dollars.
« La collection de diamants de Mouawad est l’une des plus importantes au monde, se félicite le joaillier. Le musée Robert Mouawad à Beyrouth en offre un aperçu. »
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