Malgré l’incertitude politique, restaurants, bars et boîtes de nuit misent sur des fêtes de fin d’année à l’aune du bon millésime 2016.

S’il y a une soirée à ne pas rater pour un gérant de bar ou de boîte de nuit, c’est bien celle du Nouvel An. «Certains établissements peuvent réaliser en une seule soirée près d’un mois de chiffre d’affaires», souligne Alain Hadifé, propriétaire de la société Caractère, spécialisée dans l’événementiel. «Au MusicHall, le réveillon représente l’équivalent de cinq soirées habituelles », selon Jean Eleftériadès, copropriétaire des lieux, où les tarifs pour le 31 décembre varient entre 200 et 600 dollars par personne. Avec des prix beaucoup plus élevés qu’en temps normal, le chiffre d’affaires est plus important, mais aussi les marges. «Elles peuvent être énormes. C’est la dernière soirée de l’année, les gens se lâchent même si tout est plus cher», souligne Olivier Gasnier Duparc, propriétaire du Miss Jones, au centre-ville.

L’enjeu est de taille également pour les restaurants. « On peut parfois récupérer les pertes de toute l’année à la Saint-Sylvestre, raconte un restaurateur. Le client est prêt à payer plus sans être plus exigeant sur la qualité de la nourriture, et certains fournisseurs font des gestes, en offrant par exemple des bouteilles de champagne. Au final, 60 % des bénéfices du réveillon peuvent aller directement dans la poche du restaurateur. »

Les établissements rivalisent donc d’imagination pour attirer les clients. Les restaurants étoffent leurs cartes et les boîtes de nuit organisent une farandole de bacchanales, des plus délirantes aux plus consternantes. L’offre récréative s’étend alors de Haïfa Wehbé à une nuit “indie” au Gärten. Il y en a pour tous les goûts. « Les prix vont d’une trentaine de dollars pour un restaurant à la carte de Mar Mikhaël jusqu’à 600 à 700 dollars pour une soirée animée par des stars libanaises », résume Alain Hadifé. La soirée du 31 a néanmoins perdu un peu de son faste au Liban. Impossible pour les hôtels de proposer les tarifs exorbitants des années d’or, lorsque Beyrouth était la destination privilégiée du monde arabe. À l’époque, la nuit pouvait coûter jusqu’à 1 500 dollars par personne. Depuis, les clients les plus généreux, les ressortissants du Golfe, ont déserté le pays. Quant aux Libanais, ils sont de plus en plus regardants sur les dépenses, notamment de divertissement. Certains établissements ont d’ailleurs revu leurs offres à la baisse par rapport à l’année dernière. Au Four Seasons, par exemple, il faudra compter 395 dollars cette année pour une soirée avec concert, dîner et boisson, contre 495 dollars pour le passage à 2018. « Nous avons réduit le nombre de plats de six l’année dernière à cinq cette année », se contente-t-on de justifier dans les tours de Minet el-Hosn.