Les fluctuations du cours du bitcoin captivent, mais la mécanique obscure de fonctionnement de cette monnaie virtuelle est, elle, le plus souvent méconnue. Voici six chiffres pour y voir plus clair.

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L’idée du bitcoin est pour la première fois présentée en novembre 2008, dans un e-mail d’un certain Satoshi Nakamoto à un groupe d’internautes passionnés par la cryptographie – une technique d’écriture permettant de protéger des messages via des codes secrets et des clés de décryptage. Quelques mois plus tard, en février 2009, une première version du logiciel et de la plate-forme Bitcoin (avec un grand “B”) est diffusée sur le forum d’un blog spécialisé. Rapidement, la petite communauté s’en empare. Au lendemain de la crise financière, cette “cryptomonnaie” offre une alternative attrayante au système bancaire traditionnel. Cette monnaie, appelée bitcoin (comme la plate-forme, mais avec un petit “b”), n’est pas émise et contrôlée par une banque centrale et des banques omnipotentes, mais par un réseau dispersé d’ordinateurs très puissants. Ce réseau « est complètement décentralisé, sans serveur central ou tiers de confiance », précise son inventeur sur le forum. On parle d’une devise “acéphale” : le pouvoir de création monétaire et de contrôle des échanges n’est plus la prérogative d’un petit groupe d’institutions financières, mais d’une multitude d’acteurs sans pouvoir décisionnel individuel. Le comble de l’histoire est que l’inventeur du bitcoin, dont la véritable identité demeure jusqu’à aujourd’hui inconnue, a disparu dans la nature. Satoshi Nakamoto, qui écrivait probablement sous un pseudonyme, n’a plus donné signe de vie sur la Toile depuis 2011 et n’a utilisé aucun de ses un million de bitcoins, acquis aux premières heures de mise en circulation de la devise. Il était la seule personne à disposer d’une autorité morale sur ce système.


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