Le nouveau capitaine du groupe CMA CGM s’inscrit dans le sillage de son père, Jacques Saadé. À 48 ans, le PDG du troisième armateur mondial a toutefois réussi à imprimer sa marque. 

En anglais, on appellerait ça du “storytelling”. Pour toute bonne entreprise, il convient d’avoir une histoire qui façonne l’image de son PDG. Celle de Rodolphe Saadé s’écrit au printemps 2008. Le 8 avril, un voilier s’affiche à la une de tous les journaux télévisés de l’Hexagone. Un trois-mâts battant pavillon français vient d’être arraisonné par des pirates au large du golfe d’Aden. À son bord 30 membres d’équipage. Le navire appartient à la compagnie de croisière de luxe Ponant, propriété du groupe CMA CGM. La machine se met en route. Élysée, Quai d’Orsay, cellule de crise. Les forces spéciales françaises sont envoyées sur place. Les négociateurs, eux, s’installent à Marseille dans les bureaux de CMA CGM. Dans la médiation, la règle veut que le payeur ne négocie pas. Rodolphe Saadé insiste. Il entre en contact avec le commandant. « Du samedi au vendredi, je n’ai pas boug