Dans les campagnes électorales libanaises, tout s’achète et tout se vend, y compris le temps de parole. Information ou publicité, certains médias mélangent volontairement les genres. Faute de volonté politique, ces pratiques portent atteinte à la capacité de discernement des électeurs et renforcent le pouvoir de l’argent sur le scrutin. 

La visibilité, en période électorale, se paie très cher. Et les médias libanais, qui souffrent depuis quelques années de la baisse des dépenses publicitaires (-8,1 % en 2017), entendent bien en profiter pour se refaire une santé. Le rapport de force plaide surtout en faveur des chaînes de télévision qui, selon un sondage récent commandé par un parti politique, sont les premières sources d’informations politiques des Libanais durant la campagne (citées par 94 % des sondés). Elles sont suivies par les réseaux sociaux (55 %), les sites d’informations en ligne (22 %), la radio (16 %) et les journaux (14 %). Conformément à la loi électorale votée en 2017, la majorité des médias ont envoyé à la Commission de supervision des élections une liste des prix demandés aux candidats à la fois pour la publicité électorale classique et pour ce que la loi qualifie de “propagande électorale”. Ce terme comprend « toute matière relative aux programmes, aux campagnes ou aux positions électorales et politiques des candidats, tournée à l’intérieur comme à l’extérieur des studios, que le candidat souhaite utiliser pour s’adresser aux électeurs à travers une diffusion effectuée pour son propre compte, et contre rémunération, dans le cadre des pro

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