Si l’importation de pesticides est relativement encadrée au Liban, l’usage des produits phytosanitaires dans l’agriculture ne fait l’objet d’aucun contrôle de la part des pouvoirs publics. Hormis ceux exportés, les fruits et légumes libanais ne sont pas testés, et les producteurs n’obtiennent de conseils la plupart du temps que des entreprises privées qui distribuent ces produits phytosanitaires. Avec un risque évident de conflit d’intérêt.

Sur le papier, le Liban applique les normes internationales en matière d’utilisation des pesticides. Avant d’autoriser la commercialisation d’un produit phytosanitaire, le ministère de l’Agriculture vérifie en effet que les conditions d’utilisation sont conformes aux exigences de la FAO, de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Agence américaine de protection de l’environnement. Ces organisations fixent des seuils de pulvérisation et des limites de concentration maximale de résidu de pesticides dans les aliments, au-delà desquelles ils présenteraient des risques pour la santé ou l’environnement. Elles déterminent aussi les mesures à prendre pour éviter que ces limites ne soient dépassées, comme le respect d’un certain délai entre l’application du traitement et la récolte par exemple.

Mais qui vérifie que ces pratiques sont effectivement respectées au Liban ? Que les agriculteurs n

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