Le Liban est entré depuis octobre 2019 dans un processus d’ajustement économique et financier brutal. Le cœur de ce processus est dans la dévaluation de la livre, synonyme pour les Libanais d’un recul prononcé de leur niveau de vie. Pourquoi la monnaie nationale perd-elle sa valeur par rapport au dollar ? Jusqu’où peut-elle aller ? Éléments de réponse. 

Fouad  Khoury-Helou  est économiste, auteur de “Mondialisation :  la mort  d’une utopie”,  paru en 2017  aux éditions  Calman-Levy.
Fouad Khoury-Helou est économiste, auteur de “Mondialisation : la mort d’une utopie”, paru en 2017 aux éditions Calman-Levy.

La monnaie possède trois fonctions, celle d’unité de compte (les prix sont affichés en unités de cette monnaie), de moyen d’échange (c’est un moyen de paiement universel permettant de supprimer le troc) et de réserve de valeur. Une dévaluation correspond à une perte de valeur relative de la monnaie, celle-ci étant définie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale par rapport à une seule référence commune, le dollar américain.

Il existe plusieurs manières d’estimer ce que devrait être la valeur de la livre libanaise. La plus fiable sur le plan économique consiste à estimer la valeur qui permettrait d’équilibrer la balance des paiements du pays. Cette dernière est constituée de:

- La balance courante des biens (le solde entre les exportations et les importations de produits) et des services (les revenus du tourisme et autres services notamment financiers, et les transferts des émigrés libanais à leurs familles au Liban moins les sorties de fonds dues par exemple aux travailleurs immigrés, ou aux voyages des Libanais à l’étranger).

- La balance des capitaux (le solde des investissements directs étrangers comme les achats de biens immobiliers ou fonciers, des placements financiers, et des entrées et sorties de fonds).

Le solde de ces balances donne celui des entrées et sorties

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