Bonne rentabilité locative, intérêt soutenu, prix d’entrée abordable : le studio fait partie des bons plans pour un investisseur dans l’état actuel du marché immobilier. Afin de répondre à une forte demande, de plus en plus de promoteurs proposent ces petits logements.
Actuellement, 5,9 % des 383 immeubles résidentiels en construction à Beyrouth (soit 23 chantiers) proposent des studios de 50 à 85 m2. La grande majorité se trouve à Achrafié.

À l’heure où la spéculation immobilière au Liban bat de l’aile, plusieurs investisseurs se tournent vers les studios. Cette stratégie de placement a de nombreux avantages :
- La rentabilité locative de petites surfaces est plus importante que celle des moyennes et grandes surfaces.
- Les rendements varient de 4 à 5 % en fonction des quartiers et de la qualité du produit. Mais si le studio est en excellent état et qu’il se demarque de la concurrence par une architecture innovante dans un immeuble parfaitement tenu, le rendement peut atteindre de 6 à 8 %.
- La rentabilité plus élevée des studios compense des durées de location plus courtes, souvent d’un à deux ans. Le taux de rotation des locataires est important puisqu’il vise des étrangers de passage, des étudiants ou des personnes seules qui peuvent changer subitement de statut familial. Cela augmente les frais de commission si le propriétaire passe par une agence immobilière. Aussi, les remises en état entre deux locations sont plus fréquentes.
Depuis 2011, le nombre de projets qui offrent des studios a doublé à Beyrouth. Les promoteurs se rendent compte que ce type de produits répond à une demande croissante même si cela reste un produit de niche.
Les studios visent également les propriétaires à la recherche d’un petit logement dans la capitale. La demande est logiquement plus forte autour des pôles universitaires (à Hamra à côté de l’AUB ou de la LAU, à Sodeco et à Monnot à proximité de l’USJ) et des quartiers à la mode (comme Mar Mikhaël). Pourtant, la géographie des studios actuellement en construction à Beyrouth ne répond pas totalement à cette logique. Aussi étonnant que cela puisse paraître, beaucoup de projets se trouvent aux quatre coins d’Achrafié. Ainsi, des promoteurs proposent des studios à Geitaoui, à Hôtel-Dieu, à la corniche du Fleuve et à Sioufi.
Par exemple, trois chantiers à Fassouh offrent des logements de 56 à 85 m2. L’un d’eux propose sept studios de 69 à 84 m2. Cinq sont déjà vendus plus d’un an avant la fin des travaux. Les taux de vente prouvent que le produit plaît.
Quelle idée de construire des studios dans un quartier résidentiel “populaire” ?
Les promoteurs ont compris que vendre des petites surfaces dans des secteurs moyens de gamme permettait de cibler les petits budgets de 200 000 à 350 000 dollars en fonction des étages et de la qualité du projet.
Puisque la loi libanaise du métrage englobe les espaces communs, les bacs à fleurs, les gaines techniques et les épaisseurs des murs, le studio “libanais” se compose de quatre unités : une cuisinette ouverte sur un salon et une chambre avec une salle de bains. Certains promoteurs proposent avec réussite des studios avec la chambre à coucher en mezzanine. Cela permet d’avoir une salle à manger avec une large baie vitrée et une belle hauteur sous plafond de 4,5 à 5,5 mètres. Cette spécificité architecturale compense l’étroitesse de l’appartement.
Curieusement, le nombre de projets avec des studios reste infime au centre-ville de Beyrouth et à Ras Beyrouth. Pourtant, la présence des universités (AUB et LAU) et des hôpitaux (AUBMC, CMC et Najjar) devraient alimenter une forte demande. Deux projets à Hamra proposent une poignée d’unités de 66 et 76 m2, soit sept studios au total. Cela représente une goutte d’eau par rapport au stock sur le marché où la moyenne des appartements en construction dépasse 200 m2.