Après une parenthèse de dix ans, la société Tabbara for Construction revient dans la promotion immobilière avec le projet Alessia. Situé entre les rues Verdun et Sakiet el-Janzir, l’immeuble propose des appartements entre 550 000 et 650 000 dollars. Entretien avec Mazen Tabbara, copropriétaire du projet. 

Pourquoi revenez-vous dans la promotion immobilière après une pause de dix ans, alors que le marché traverse une période difficile ?

Effectivement, notre précédent projet Maya 1071 à Koraytem avait été livré en 2008. Il s’agissait d’un immeuble de huit appartements de 346 m2 devant le Collège protestant français. Depuis quelques années déjà, nous voulions revenir à la promotion immobilière. Finalement, nous avons confiance dans le pays et dans notre projet.

D’où vient votre optimisme ?

Nous voulons répondre à une demande qui n’est pas satisfaite. Nous ciblons les jeunes couples et les expatriés qui veulent vivre au cœur de Ras Beyrouth dans un logement de trois chambres à coucher avec un budget de 550.000 à 650.000 dollars. Le projet Alessia compte 24 appartements de 151 à 155 m2 avec une cave et une place de parking. Nous vendons une place supplémentaire en cas de demande. Le 13e étage est un penthouse de 240 m2 avec une terrasse. L’immeuble a également un espace commercial de 550 m2 avec une entrée indépendante.

Pourquoi ne pas avoir proposé des appartements plus petits comme des studios ou des deux chambres à coucher ?

Nous offrons la possibilité d’avoir deux chambres à coucher si des clients le désirent. Par contre, il n’y a pas de demande pour des studios dans le secteur où nous sommes. De plus, depuis le lancement du projet, personne n’a demandé des une chambre à coucher.

Pourquoi avoir investi dans cet emplacement entre Verdun et Sakiet el-Janzir ?

Cela faisait longtemps que cette parcelle de 761 m2 nous intéressait. C’est un coin avec deux façades. Le site est facile d’accès. Il n’y a pas d’embouteillage pour y accéder et c’est proche de Verdun et de Hamra. Il y a un an, la parcelle a été mise en vente. Il fallait saisir cette occasion !

Quand avez-vous lancé la commercialisation d’Alessia ?

Nous avons attendu d’avoir les permis de construire pour démarrer les ventes au début de l’été 2018. À ce jour, 30 % du projet a été vendu dont l’espace commercial. Finalement, nous avons deux types de clients, ceux qui achètent pour leurs enfants et ceux qui cherchent un pied-à-terre.

Le lancement du projet est prometteur ?

Nous sommes satisfaits. Les surfaces proposées, notre nom, notre histoire et notre réputation dans l’industrie agroalimentaire nous aident. Cela rassure les clients.

Comment analysez-vous la crise actuelle du marché ?

Le secteur traverse une période de stagnation. Mais c’est une phase qui ne va pas durer. Il y a une dizaine d’années, l’inflation des prix était anormale comme le fait de casser aujourd’hui les prix.

Comment se comportent les clients en temps de crise ?

Les acheteurs sont de plus en plus vigilants. Ils aiment prospecter les chantiers en cours. Ils comparent les prestations des appartements. Une belle façade n’est pas suffisante. Il faut un bon agencement des espaces et de bons consultants. La clé pour les attirer est de proposer un cahier des charges strict pour qu’ils aient un produit de qualité. Les acheteurs ont besoin de confiance. Ils investissent leur économie, parfois c’est un investissement d’une vie. Il faut être à la hauteur de leur choix.

Quel est votre prix de vente ?

Notre grille commence à partir de 3700 dollars le m2. Certains clients essayent de baisser nos prix avec des contre-offres agressives. Mais le prix que nous demandons est cohérent par rapport au coût de la terre qui reste cher à Beyrouth et à notre coût de construction. Celui qui casse ses prix doit se rattraper sur ses prestations. Mais ce n’est pas notre stratégie de lésiner sur la qualité.

Alessia en bref

24 appartements de 151 à 155 m2

1 penthouse de 240 m2 , une terrasse incluse 

1 local commercial de 550 m2

Prix de départ des appartements : 3700 dollars le m2

Fin des travaux : 2021

Architecte : Ali Mourabet Engineering