Un article du Dossier

Les prix à Beyrouth en 2014

Le marché immobilier du centre-ville a fonctionné au ralenti au cours des derniers mois. Plusieurs transactions ont été enregistrées ces dernières semaines, mais elles ont été le fruit de négociations.
La formation au début de l’année du nouveau gouvernement a été une bouffée d’oxygène pour plusieurs propriétaires qui ont réussi à vendre leur bien à un très bon prix comme ce 14e étage – vue dégagée – cédé à environ 6 500 dollars le m2.
En 2013, le centre-ville comptait 27 chantiers. Un an plus tard, il n’y en a plus que 20. Un seul a démarré au cours des douze derniers mois. Ce chiffre illustre à la fois une certaine morosité du marché et le fait que les promoteurs cherchent à sécuriser plusieurs préventes via leur réseau avant de démarrer la construction.
Officiellement, la fourchette des prix s’étire de 6 000 à 7 500 dollars le m2 au premier étage. C’est quasiment la même grille qu’en 2013. Toutefois, il y a de gros écarts entre le prix affiché et le prix final.
Les produits autour de la baie du Saint-Georges et du complexe de Zaitunay Bay (rue Wafic Sinno) restent les plus chers du centre-ville. Toutes les parcelles du front de mer sont déjà bâties avec les projets : The Platinum Tower, Beirut Tower, Bay Tower, Dana Residence, Marina Towers. Les seules transactions possibles sont des reventes sur la base d’un premier étage autour de 8 000 à 9 000 dollars le m2.
Les trois plus gros projets actuellement en chantier se trouvent entre la rue Omar Daouk et l’ancienne avenue des Français (rue Adnan Hakim). Ces trois complexes totalisent sept tours, 185 573 m2 de surfaces résidentielles et 434 appartements. Les grilles tarifaires commencent de 6 500 à 7 300 dollars le m2. Les prix varient en fonction des vues, puisque ces projets occupent des îlots et ont à la fois des vues nord et sud. Ainsi, chaque façade des projets a une valeur différente. Les surfaces les plus petites varient de 209 à 250 m2. Mais ces produits sont des exceptions, puisque la moyenne des appartements proposés est de 427 m2.
Wadi Hills et Wadi Grand Residence étant terminés, le quartier de Wadi Abou Jmil ne compte plus en chantier que le projet Beirut Square, un complexe résidentiel constitué de plusieurs immeubles indépendants autour d’un jardin central. La valeur du mètre carré varie d’un projet à l’autre. Les prix affichés s’étirent de 6 000 à 6 500 dollars le m2, mais après négociation il est facile d’obtenir un premier étage à moins de 6 000 dollars le m2.
Le seul chantier inauguré au centre-ville au cours des douze derniers mois se situe à l’avenue du Parc qui bénéficie encore d’une belle cote. Destination d’affaires, elle est également une adresse résidentielle appréciée. Les promoteurs continuent de miser sur les familles aisées avec des surfaces moyennes de 500 m2. Les prix restent stables depuis 2012 malgré une notoriété qui n’a cessé de se renforcer au cours des dernières années. Mais les ventes sont rares. Ce sont les mêmes produits qui sont à vendre depuis des années.
L’avenue du Parc aurait sans doute un meilleur potentiel et de meilleurs taux de vente avec des produits avec des superficies plus petites (par exemple de 150 à 200 m2).
Le secteur Foch-Allenby est l’un des centres d’affaires les plus recherchés du centre-ville. En bordure des Souks de Beyrouth, il compte des dizaines d’immeubles de bureaux et plusieurs rues commerciales. Le nord de ce secteur (les rues Trieste et du Port) est en revanche entièrement résidentiel. Les promoteurs misent sur les vues dégagées sur le port de Beyrouth pour séduire une clientèle désireuse de vivre à quelques minutes des bars de la rue Uruguay, des cinémas et des boutiques du centre commercial des Souks. Le premier étage est affiché de 6 500 à  7 500 dollars le m2.
L’actualité à Saifi Village se résume au projet District//S : le quatrième plus gros projet du centre-ville avec plus de 35 000 m2 de surfaces résidentielles.
Pourtant sur le marché depuis plusieurs années, les projets Saifi Gardens 1 et 2 ont été abandonnés. Les propriétaires ont finalement modifié leurs plans initiaux pour construire un projet de bureaux sur la parcelle située à un carrefour très bruyant. Le projet 178 Saifi (résidentiel et bureaux) a été aussi suspendu. Le marché de Saifi Village s’essouffle-t-il ou est-ce qu’une mauvaise passe ? Il est encore trop tôt pour parler d’une éventuelle désaffection.
Également en bordure de Saifi Village, trois projets sont toujours en chantier entre le ring et la place des Martyrs. Proches de plusieurs grands axes de circulation, le site veut devenir une adresse résidentielle au cœur de la ville. Plus de 160 appartements sont mis sur le marché. Les promoteurs y privilégient surtout les petites surfaces (à partir de 165 m2) afin de convaincre les clients à la recherche d’un pied-à-terre à l’entrée sud du centre-ville.
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