Ces dernières semaines, les sites Internet de trois quotidiens libanais ont fait leur mue. Chacun avec sa stratégie propre compte renforcer ou élargir son lectorat, conscient que la Toile permet de toucher des lecteurs au-delà de la cible habituelle de sa version papier.
L’Orient-Le Jour, l’information a un coût
Le site du quotidien francophone L’Orient-Le Jour est le premier à franchir le pas du “payant” en ligne au Liban. Depuis le mois de juin de nouvelles formules sont proposées aux lecteurs. Pour 12 dollars par mois les internautes ont accès en illimité à tous les contenus publiés sur le site Internet du journal. Pour 25 dollars, ils peuvent rester connectés à l’information, y compris lors de leurs déplacements, avec l’accès au site Internet auquel s’ajoutent les applications mobiles. Il sera par ailleurs toujours possible de consulter 25 articles gratuitement sur une durée de trente jours avant de passer au payant.
Ces offres s’inscrivent dans la stratégie du groupe L’Orient-Le Jour de renforcer sa position sur la Toile. Il y a quelques mois, un nouveau site Internet a été lancé et l’offre de contenus élargie, avec de nouvelles rubriques et davantage de publications. La rédaction Web compte aujourd’hui sept personnes auxquelles s’ajoutent trois techniciens et des journalistes de l’édition papier qui collaborent régulièrement pour le Web. Du personnel qu’il faut rémunérer. La stratégie du groupe repose sur des revenus issus de deux sources aux parts variables : la publicité et les abonnements. « Les dépenses publicitaires sur le Net ne sont pas encore assez développées dans la région pour nous permettre de nous financer totalement par ce moyen », explique Nayla de Freige, administratrice déléguée du quotidien sans donner de chiffres. Une contrainte financièrement couplée à une volonté de changer les habitudes libanaises sur le Net où tout est majoritairement gratuit. « Nous souhaitons faire prendre conscience aux internautes libanais que l’information a un coût, précise-t-elle. En participant financièrement au site Internet, nous leur disons : soutenez-nous pour nous permettre de continuer à vous informer. » Depuis le lancement du nouveau site, le lectorat a augmenté de 20 %. Aujourd’hui, il compte 500 000 visiteurs uniques par mois dont un tiers se connecte depuis le Liban, un tiers depuis la France et un tiers dans le reste du monde. Pour ce journal de niche s’adressant à un lectorat francophone, l’objectif est maintenant de fidéliser ces lecteurs en proposant plus de contenus de qualité.
The Daily Star se paie un lifting en ligne
Après six mois de travail, le site du quotidien anglophone The Daily Star a été remanié. La navigation est facilitée, l’esthétique améliorée. C’est toute la logique du site qui a été revue, avec un nouveau design, une nouvelle présentation de l’information et une nouvelle rubrique “sports” qui donne plus de place à la photographie et aux diaporamas. « Un changement nécessaire pour un site Internet qui avait peu évolué depuis trois ans », indique Nadim Ladki, rédacteur en chef du quotidien.
Pour participer à la production des contenus, dix personnes travaillent à temps plein à la rédaction Web du journal. Mais l’objectif est à terme de fusionner les deux rédactions pour permettre de publier plus et mieux : « Notre métier est de produire et de publier une information quel que soit le support. Il revient ensuite au rédacteur en chef de décider si elle est destinée au Web ou au papier en fonction du sujet, de son traitement et de la cible », explique Nadim Ladki. Une philosophie qui tient compte de la multiplicité des sources d’information apparues sur la Toile et qui mise sur la quantité produite autant que sur la qualité. « Le journalisme, quel que soit son support, doit apporter une info fiable et originale », précise Nadim Ladki.
Pour le moment, le site Internet du Daily Star est accessible gratuitement. « Nous pensons que le lectorat libanais n’est pas encore prêt à payer pour s’informer. Il risquerait de se détourner vers d’autres sources d’information », analyse le rédacteur en chef. Les revenus publicitaires sur le Net représentent environ 10 % des revenus de l’édition papier, une situation qui pousse le groupe à réfléchir à la mise en place d’un modèle économique payant « à commencer par nos archives », explique Nadim Ladki sans toutefois donner de chiffres concernant son budget opérationnel ou les investissements réalisés. Le site Internet du Daily Star compte 550 000 visiteurs uniques par mois.
An-Nahar, le pari des langues
Le site du quotidien en langue arabe an-Nahar se décline depuis le mois de juin en deux nouvelles éditions, l’une en français, l’autre en anglais. « Nous souhaitions élargir notre lectorat aux jeunes de 15 à 25 ans qui lisent majoritairement au moins une langue étrangère, et à la diaspora qui ne lit pas forcément l’arabe mais cherche à s’informer sur l’actualité du pays », explique Muriel Jalkh, rédactrice en chef des différentes éditions Web du groupe, à l’exception du service politique en langue arabe.
Pour cela, l’intégralité des contenus publiés dans ces deux nouvelles langues est inédite et n’est pas copiée de la version arabe, hormis les éditoriaux. De nouvelles rubriques (psychologie, santé, cuisine…) ont également été ajoutées pour répondre aux attentes des lecteurs qui ne se contentent plus forcément des dernières informations politiques. Le groupe compte également développer son projet de Web TV lancé en 2009, en élargissant l’offre de vidéos publiées dans les trois langues.
Le site d’an-Nahar dont le budget n’a pas été communiqué est exclusivement financé par la publicité et accessible gratuitement. Son objectif est donc de capter de nouveaux lecteurs sachant qu’il revendiquait avant le lancement des deux nouvelles éditions près de 2 millions de visiteurs uniques par mois.
Le site du quotidien francophone L’Orient-Le Jour est le premier à franchir le pas du “payant” en ligne au Liban. Depuis le mois de juin de nouvelles formules sont proposées aux lecteurs. Pour 12 dollars par mois les internautes ont accès en illimité à tous les contenus publiés sur le site Internet du journal. Pour 25 dollars, ils peuvent rester connectés à l’information, y compris lors de leurs déplacements, avec l’accès au site Internet auquel s’ajoutent les applications mobiles. Il sera par ailleurs toujours possible de consulter 25 articles gratuitement sur une durée de trente jours avant de passer au payant.
Ces offres s’inscrivent dans la stratégie du groupe L’Orient-Le Jour de renforcer sa position sur la Toile. Il y a quelques mois, un nouveau site Internet a été lancé et l’offre de contenus élargie, avec de nouvelles rubriques et davantage de publications. La rédaction Web compte aujourd’hui sept personnes auxquelles s’ajoutent trois techniciens et des journalistes de l’édition papier qui collaborent régulièrement pour le Web. Du personnel qu’il faut rémunérer. La stratégie du groupe repose sur des revenus issus de deux sources aux parts variables : la publicité et les abonnements. « Les dépenses publicitaires sur le Net ne sont pas encore assez développées dans la région pour nous permettre de nous financer totalement par ce moyen », explique Nayla de Freige, administratrice déléguée du quotidien sans donner de chiffres. Une contrainte financièrement couplée à une volonté de changer les habitudes libanaises sur le Net où tout est majoritairement gratuit. « Nous souhaitons faire prendre conscience aux internautes libanais que l’information a un coût, précise-t-elle. En participant financièrement au site Internet, nous leur disons : soutenez-nous pour nous permettre de continuer à vous informer. » Depuis le lancement du nouveau site, le lectorat a augmenté de 20 %. Aujourd’hui, il compte 500 000 visiteurs uniques par mois dont un tiers se connecte depuis le Liban, un tiers depuis la France et un tiers dans le reste du monde. Pour ce journal de niche s’adressant à un lectorat francophone, l’objectif est maintenant de fidéliser ces lecteurs en proposant plus de contenus de qualité.
The Daily Star se paie un lifting en ligne
Après six mois de travail, le site du quotidien anglophone The Daily Star a été remanié. La navigation est facilitée, l’esthétique améliorée. C’est toute la logique du site qui a été revue, avec un nouveau design, une nouvelle présentation de l’information et une nouvelle rubrique “sports” qui donne plus de place à la photographie et aux diaporamas. « Un changement nécessaire pour un site Internet qui avait peu évolué depuis trois ans », indique Nadim Ladki, rédacteur en chef du quotidien.
Pour participer à la production des contenus, dix personnes travaillent à temps plein à la rédaction Web du journal. Mais l’objectif est à terme de fusionner les deux rédactions pour permettre de publier plus et mieux : « Notre métier est de produire et de publier une information quel que soit le support. Il revient ensuite au rédacteur en chef de décider si elle est destinée au Web ou au papier en fonction du sujet, de son traitement et de la cible », explique Nadim Ladki. Une philosophie qui tient compte de la multiplicité des sources d’information apparues sur la Toile et qui mise sur la quantité produite autant que sur la qualité. « Le journalisme, quel que soit son support, doit apporter une info fiable et originale », précise Nadim Ladki.
Pour le moment, le site Internet du Daily Star est accessible gratuitement. « Nous pensons que le lectorat libanais n’est pas encore prêt à payer pour s’informer. Il risquerait de se détourner vers d’autres sources d’information », analyse le rédacteur en chef. Les revenus publicitaires sur le Net représentent environ 10 % des revenus de l’édition papier, une situation qui pousse le groupe à réfléchir à la mise en place d’un modèle économique payant « à commencer par nos archives », explique Nadim Ladki sans toutefois donner de chiffres concernant son budget opérationnel ou les investissements réalisés. Le site Internet du Daily Star compte 550 000 visiteurs uniques par mois.
An-Nahar, le pari des langues
Le site du quotidien en langue arabe an-Nahar se décline depuis le mois de juin en deux nouvelles éditions, l’une en français, l’autre en anglais. « Nous souhaitions élargir notre lectorat aux jeunes de 15 à 25 ans qui lisent majoritairement au moins une langue étrangère, et à la diaspora qui ne lit pas forcément l’arabe mais cherche à s’informer sur l’actualité du pays », explique Muriel Jalkh, rédactrice en chef des différentes éditions Web du groupe, à l’exception du service politique en langue arabe.
Pour cela, l’intégralité des contenus publiés dans ces deux nouvelles langues est inédite et n’est pas copiée de la version arabe, hormis les éditoriaux. De nouvelles rubriques (psychologie, santé, cuisine…) ont également été ajoutées pour répondre aux attentes des lecteurs qui ne se contentent plus forcément des dernières informations politiques. Le groupe compte également développer son projet de Web TV lancé en 2009, en élargissant l’offre de vidéos publiées dans les trois langues.
Le site d’an-Nahar dont le budget n’a pas été communiqué est exclusivement financé par la publicité et accessible gratuitement. Son objectif est donc de capter de nouveaux lecteurs sachant qu’il revendiquait avant le lancement des deux nouvelles éditions près de 2 millions de visiteurs uniques par mois.


