“La sieste 2”, 2015, Ninar Esber.
“La sieste 2”, 2015, Ninar Esber.

À l’époque de #metoo et de #notsurprised, le constat fait mal : les femmes artistes demeurent moins nombreuses, moins payées, moins aidées, moins programmées, moins récompensées que leurs alter ego masculins. «Les femmes artistes n’ont pas atteint l’égalité. Elles restent insuffisamment visibles», s’insurge l’artiste Lamia Joreige, également cofondatrice du Beirut Art Center qu’elle a codirigé jusqu’en 2014. Bien sûr, la plupart des galeries libanaises comptent des femmes dans leurs écuries : leur part oscille entre 21 et 43 % parmi les quatre grandes galeries de la capitale (Saleh Barakat, Sfeir-Semler, Tanit et Janine Rubeiz). Mais ces créatrices restent encore largement malmenées : Saleh Barakat, par exemple, qui a présenté lors de la foire d’Art Dubai (mars 2018), une exposition 100 % femmes autour du thème des jardins mythologiques, n’hésite pas à affirmer que ce choix relève d’une «prise de risque», tant "l’art au féminin" attirerait p

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