Un article du Dossier

Où acheter à Beyrouth en 2019

Élie Abi Hanna

Acheter au centre-ville de Beyrouth est devenu un jeu d’enfants tellement le stock est important. Selon les estimations de Ramco, plus de 700 appartements y sont à vendre. Ce nombre comprend les produits en construction, les invendus des promoteurs et les reventes des investisseurs.

Il y a des disponibilités dans quasiment tous les immeubles en chantier ou construits ces dix dernières années. Cela représente une valeur marchande de plus de 1,6 milliard de dollars.

La crise immobilière au centre-ville se reflète sur le nombre de projets en cours.

Cinq chantiers sont actuellement en construction, totalisant 230 appartements. C’est six fois moins qu’en 2011, date à laquelle plus de 1 500 appartements étaient en chantier.

Le ralentissement économique pèse sur les prix depuis plusieurs années déjà, et la situation est loin de s’arranger. Comme en 2018, les valeurs des appartements continuent de s’effriter, mois après mois.

Quelques promoteurs et propriétaires persistent à afficher des prix de départ au-delà de 7 000 dollars le m2, mais sans surprise, cette stratégie les met en marge du marché. Cette politique paraît improductive dans le contexte de crise actuelle.

Les personnes intéressées par le centre-ville cherchent en effet les belles opportunités. Dans le microcosme beyrouthin, les histoires de ventes à des prix cassés circulent très vite. Comme celle de cet appartement au-delà du 15e étage récemment vendu à 5 500 dollars le m2. Au-delà de ce cas isolé, plusieurs ventes ont été conclues dernièrement autour de 5 000 dollars le m2 au premier étage. Dans ce contexte, les promoteurs et les propriétaires qui ne s’alignent pas sur cette valeur de base, à quelques exceptions près, peinent à trouver des acheteurs. D’autant que de plus en plus de produits sont affichés autour de 4 500 dollars le m2. Impatients de vendre, certains n’hésitent pas à réduire leur prix pour être le plus compétitif possible.

Dans les immeubles qui encerclent la baie du Saint-Georges et Zaitunay Bay, le long de l’avenue Wafic Sinno (The Platinum Tower, Beirut Tower, Dana, Marina Towers), et qui offrent l’une des plus belles vues du centre-ville, les tarifs demandés pour de larges surfaces s’envolent de 9 400 à 12 000 dollars le m2 pour des unités situées entre le 10e et le 15e étage. Pour les enveloppes plus réduites, un 295 m2 avec des dégagements sur le littoral est proposé à 6 700 dollars le m2.

Le long de l’ancienne avenue des Français (rue Adnan Hakim), les disponibilités ne manquent pas. Certains appartements sont toutefois pénalisés par les nuisances des restaurants qui se sont implantés ces dernières années dans ce secteur. Les immeubles situés à l’extrémité ouest de la rue ont une meilleure cote. Trois appartements de 295 à 345 m2 y sont proposés pour 1,6 à 1,65 million de dollars.

De nombreux produits de deux à trois chambres à coucher sont à vendre, rue Omar Daouk. Les immeubles Damac et 3Beirut ont encore plusieurs dizaines d’appartements à écouler.

Mais les prix varient d’un propriétaire à l’autre. Il est ainsi possible de trouver des produits à des étages inférieurs entre 4 500 et 6 500 dollars le m2. Plusieurs appartements de 230 à 290 m2 sont affichés de 1,1 à 1,5 million de dollars. Un 200 m2 avec deux chambres en suite est disponible à un million de dollars.

Toujours le long de la rue Omar Daouk, un studio de 52 m2 est mis en vente à 405 000 dollars (soit 7 788 dollars le m2). À l’opposé, un large appartement de 750 m2 cherche preneur à 4,2 millions de dollars au 4e étage.

À proximité du centre d’affaires Starco, un immeuble situé rue Chateaubriand compte encore cinq unités à la vente sur la base de 6 800 dollars le m2. Le propriétaire affichait le même prix en 2011.

Le long de l’avenue du Parc, un nouveau chantier qui sera livré en 2021 propose une poignée d’appartements de 180 à 400 m2, mais le promoteur a la possibilité de vendre de larges unités de 755 m2, voire 1 500 m2 en duplex. Les logements ont des hauteurs sous plafond de 3,15 à 3,55 mètres. Les unités situées au 5e étage ont une terrasse privée. La grille commence à 6 000 dollars le m2. Dans le même secteur, des produits dans leur structure béton se négocient autour de 4 500 dollars le m2.

Wadi Abou Jmil est un quartier à part au centre-ville. Il se démarque des tours avec ses immeubles de quelques étages et il est situé dans un périmètre de sécurité où les allées et venues sont filtrées. Il est possible d’y trouver un appartement standard de 225 m2 à 1 065 000 dollars ou une villa de 1 000 m2 à 7,8 millions de dollars.

À Saifi Village, les prix peuvent varier du simple au double. Ainsi, les écarts vont de 3 900 dollars le m2 pour un duplex terminé il y a une dizaine d’années à 7 500 dollars le m2 pour un appartement qui sera livré d’ici à la fin 2019. Il y a quelques reventes dans le projet District//S. Un trois chambres à coucher y est annoncé à 6 900 dollars le m2. Autour de la place Debbas, le chantier d’une tour de treize étages est à l’arrêt depuis 2018.

Les prix, rue Trieste, à proximité du port militaire, commencent à partir de 5 500 dollars le m2 pour les produits neufs. Des surfaces de 280 à 490 m2 y sont proposées pour 1,5 à 2,8 millions de dollars. Par contre, les appartements construits il y a une dizaine d’années sont décotés de 20 %.

Enfin, dans le secteur du Sérail, un chantier propose de petites surfaces de deux chambres à coucher de 102 m2. Une revente est annoncée à 490 000 dollars le m2. Le projet sera terminé en 2020.



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