La Banque du Liban a largement contribué ces dernières années à éviter un atterrissage brutal du secteur immobilier. La suspension des prêts logement subventionnés annonce-t-elle un tournant dans sa politique de soutien au secteur ? Les prix risquent-ils de s’écrouler ? Les promoteurs, les banques, et l’économie dans son ensemble, pourraient-ils s’en remettre ? Éléments de réponse.

Philippe Hage Boutros

Au regard des dernières statistiques relatives à l’immobilier, difficile de ne pas faire le lien avec la suspension des prêts logement subventionnés. Certes, cela fait plusieurs années que le secteur souffre, mais depuis que la Banque du Liban a resserré les vannes du crédit, les ventes se font encore plus rares. Le nombre de transactions immobilières réalisées au cours des quatre premiers mois de l’année a ainsi plongé de près de 24 % par rapport à la même période de 2017, et leur valeur a chuté de 19,7 % à 2,5 milliards de dollars fin avril, contre 3,1 milliards il y a un an lorsque l’argent des subventions coulait encore à flots.

Fin mars, le nombre de permis de construire délivrés était également en baisse de 9,6 % et les livraisons de ciment de 1,4 % sur un an. Quant à la demande immobilière, mesurée par l’indice de la Byblos Bank, elle a atteint au premier trimestre son plus bas niveau depuis 2015. « Il y a un attentisme sur le marché qui pourrait durer jusqu’à l’année prochaine, souligne le directeur du département des recherches de la BlomInvest, Marwan Mikhaël. B

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